Chute de cheveux post-partum : causes et solutions

Jeune maman brossant ses cheveux devant un miroir dans une salle de bain lumineuse aux tons naturels

Tu te lèves un matin, tu passes la main dans tes cheveux et tu en retrouves une poignée entre tes doigts. La brosse est pleine. Le drain de la douche aussi. Tu te demandes si c’est normal ou si quelque chose cloche. Je te rassure tout de suite : tu n’es pas seule. Plus d’une femme sur deux perd ses cheveux après l’accouchement (Centre Clauderer, 2024).

Moi aussi, j’ai vécu ce moment de panique. Et je sais que voir ses cheveux tomber par paquets quand on gère déjà un nouveau-né, le manque de sommeil et les montagnes russes émotionnelles du post-partum, c’est beaucoup. Mais la bonne nouvelle, c’est que cette chute est temporaire dans la grande majorité des cas.

Dans cet article, je t’explique pourquoi tes cheveux tombent, combien de temps cela dure, ce que tu peux faire concrètement et quand il faut consulter. Pas de fausses promesses, pas de produits miracles. Juste des réponses claires et sourcées.

L’essentiel à retenir

  • Plus d‘1 femme sur 2 est concernée par la chute de cheveux après l’accouchement (Centre Clauderer, 2024).

  • La cause principale est la chute brutale des œstrogènes après la délivrance, ce qui provoque un effluvium télogène (StatPearls/NIH, 2024).

  • La chute débute en général 2 à 4 mois après l’accouchement, avec un pic vers le 4e mois (AAD, 2024).

  • La repousse est spontanée en 6 à 12 mois sans traitement dans la plupart des cas (VIDAL, 2024).

  • Si la chute persiste au-delà de 6 mois, un bilan sanguin (ferritine, TSH) est recommandé (RecoMedicales/CEDEF, 2023).

Découvre notre guide sur les vergetures de grossesse.

Pourquoi perd-on ses cheveux après l’accouchement ?

Illustration du cycle capillaire en phase anagène et télogène avec schéma explicatif

Pour comprendre la chute de cheveux post-partum, il faut d’abord regarder ce qui se passe pendant la grossesse. Les œstrogènes montent en flèche pendant neuf mois. Ces hormones prolongent la phase de croissance du cheveu (phase anagène). Résultat : tes cheveux tombent moins et paraissent plus épais.

À l’accouchement, tout bascule. Les œstrogènes chutent brutalement. Tous les cheveux qui auraient dû tomber pendant la grossesse entrent en phase de chute (phase télogène) en même temps. C’est ce qu’on appelle l’effluvium télogène du post-partum (StatPearls/NIH, 2024).

Ce n’est pas une maladie. L’AAD (American Academy of Dermatology) insiste sur ce point : ce n’est pas une vraie perte de cheveux. C’est un phénomène physiologique normal (AAD, 2024). Ton corps se réajuste après la grossesse, et tes cheveux suivent le mouvement.

Le cycle capillaire en bref

Chaque cheveu suit un cycle en trois phases. La phase anagène (croissance) dure 2 à 7 ans. La phase catagène (transition) dure quelques semaines. La phase télogène (repos puis chute) dure environ 3 mois.

Normalement, on perd 50 à 100 cheveux par jour. Après l’accouchement, ce chiffre peut grimper à 300 cheveux par jour pendant plusieurs semaines. Jusqu’à 20 à 30 % de ta chevelure peut être perdue en quelques semaines (Centre Clauderer, 2024).

Quand commence la chute de cheveux post-partum ?

La chute ne commence pas le jour de l’accouchement. Il y a un délai. En général, les premiers signes apparaissent entre 2 et 4 mois après la naissance de ton bébé (DermoMedicalCenter, 2024).

Le VIDAL précise que la chute débute environ 1 mois après l’accouchement dans certains cas, mais qu’elle peut être retardée si tu allaites (VIDAL, 2024). L’allaitement maintient un taux hormonal un peu plus élevé, ce qui peut repousser le début de la chute.

Le pic se situe généralement autour du 4e mois post-partum (AAD, 2024). C’est souvent le moment où les mamans paniquent. Mais c’est aussi le signe que le processus touche bientôt à sa fin.

Si tu viens d’accoucher et que tu ne perds pas encore tes cheveux, ne t’inquiète pas non plus. Toutes les femmes ne sont pas concernées de la même manière. L’intensité de la chute varie selon ton profil hormonal, ton alimentation et tes antécédents.

Combien de temps dure la chute de cheveux post-partum ?

C’est la question que toutes les mamans se posent. La réponse est rassurante. La chute dure en moyenne 3 à 4 mois (VIDAL, 2024). La repousse est spontanée et complète dans la grande majorité des cas.

Concrètement, voici le calendrier type :

Mois 1 à 2 post-partum : peu ou pas de chute visible. Les cheveux entrent en phase télogène mais ne tombent pas encore.

Mois 2 à 4 : la chute s’intensifie. C’est la période la plus impressionnante. Tu retrouves des cheveux partout.

Mois 4 à 6 : la chute ralentit progressivement. Les premiers cheveux de repousse apparaissent (ces petites mèches courtes sur le dessus du crâne).

Mois 6 à 12 : retour à la normale. Tes cheveux retrouvent leur densité habituelle d’avant grossesse (AAD, 2024).

Dans certains cas, la persistance peut aller jusqu’à 15 mois (DermoMedicalCenter, 2024). C’est plus rare, mais ça reste dans la norme si la repousse est amorcée. Au-delà de 6 mois de chute active sans amélioration, je te recommande de consulter.

Pour bien vivre cette période, consulte aussi notre article sur la trousse de survie post-partum.

Quels sont les facteurs qui aggravent la chute ?

L’effluvium télogène est hormonal, mais d’autres facteurs peuvent amplifier la chute ou la prolonger. Voici les principaux.

La carence en fer

C’est le facteur aggravant numéro un. Après l’accouchement, beaucoup de femmes sont carencées en fer sans le savoir. La perte de sang pendant la délivrance, les besoins de l’allaitement et la fatigue générale y contribuent.

Un taux de ferritine bas aggrave significativement la chute de cheveux. C’est pourquoi le bilan recommandé en cas de chute persistante inclut systématiquement la ferritine (RecoMedicales/CEDEF, 2023).

Je t’invite à lire notre article complet sur la carence en fer pendant la grossesse pour comprendre les signes et les solutions.

La thyroïdite du post-partum

C’est un diagnostic souvent oublié. 5 % des femmes développent une thyroïdite après l’accouchement (Ameli.fr, 2024). En phase hypothyroïdienne, les cheveux deviennent secs, cassants et tombent davantage.

Cette thyroïdite est sous-diagnostiquée (MedG.fr, 2024). Si ta chute de cheveux s’accompagne de fatigue intense, de prise de poids inexpliquée ou de constipation, parles-en à ton médecin. Un simple dosage de la TSH permet de poser le diagnostic.

Les carences en vitamines

Certaines carences vitaminiques participent à la chute de cheveux. Le bilan recommandé par les dermatologues inclut la ferritine, la TSH, les vitamines B9, B12 et la vitamine D (DermoMedicalCenter, 2024).

Si tu prends des compléments alimentaires pour la grossesse ou l’allaitement, vérifie qu’ils contiennent ces éléments. Je t’en dis plus dans notre guide sur les compléments alimentaires pendant la grossesse.

Le stress et le manque de sommeil

Le post-partum est une période de stress intense pour le corps. Les nuits hachées, la charge mentale et l’adaptation à la vie avec un nourrisson contribuent au stress oxydatif. Ce stress peut prolonger la phase télogène et retarder la repousse.

Je ne vais pas te dire “repose-toi”, parce que je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire avec un bébé. Mais prendre soin de toi n’est pas un luxe. C’est une nécessité.

Quelles solutions pour limiter la chute de cheveux post-partum ?

Je te préviens : il n’existe pas de solution miracle. La repousse est spontanée dans la majorité des cas (VIDAL, 2024). Mais tu peux agir sur plusieurs leviers pour accompagner ton corps.

Aliments riches en fer, vitamines B et zinc disposés sur un plan de travail de cuisine

Soigne ton alimentation

C’est le levier le plus puissant. Tes cheveux ont besoin de protéines, de fer, de zinc et de vitamines B pour pousser. Mise sur les œufs, les légumineuses, les poissons gras, les noix et les légumes verts.

Si tu allaites, tes besoins nutritionnels sont encore plus élevés. Découvre notre guide sur les 15 super-aliments de la grossesse pour des idées concrètes.

Corrige les carences identifiées

Si tu as fait un bilan sanguin et qu’une carence en fer est confirmée, une supplémentation en fer est le premier geste (VIDAL, 2024). Ton médecin te prescrira la bonne dose.

Pour les vitamines B9, B12 et D, la supplémentation se fait aussi sur prescription après confirmation biologique. Ne te supplémente pas à l’aveugle : un excès de certaines vitamines peut être contre-productif.

Adapte ta routine capillaire

Quelques gestes simples peuvent limiter la casse mécanique :

Brosse tes cheveux en douceur. Utilise une brosse à poils souples ou un peigne à dents larges. Commence par les pointes et remonte vers les racines.

Évite les coiffures trop tirées. Les queues-de-cheval serrées, les chignons hauts et les tresses exercent une traction qui fragilise les cheveux déjà en phase de chute.

Limite la chaleur. Le sèche-cheveux à haute température et le lisseur abîment la fibre capillaire. Sèche tes cheveux à l’air libre quand c’est possible.

Choisis un shampooing doux. Privilégie les formules sans sulfates agressifs. Pas besoin de dépenser une fortune : un shampooing doux de pharmacie suffit.

Les compléments capillaires : utiles ou pas ?

Tu trouveras des tonnes de compléments “cheveux” en pharmacie et en ligne. La plupart contiennent de la biotine (vitamine B8), du zinc et des acides aminés soufrés.

La vérité : aucune étude solide ne prouve leur efficacité sur l’effluvium télogène du post-partum. Ils peuvent aider si tu as une carence réelle, mais ils ne vont pas accélérer la repousse si ton taux de vitamines est normal.

Mon conseil : fais d’abord un bilan sanguin. Si tout est normal, économise ton argent.

Le minoxidil est-il une option ?

Le minoxidil à 2 % est le seul traitement topique reconnu en cas de chute de cheveux persistante. Il est mentionné dans les recommandations dermatologiques pour les cas où l’effluvium télogène persiste au-delà de 3 à 6 mois (RecoMedicales/CEDEF, 2023).

Mais attention : le minoxidil n’est pas recommandé en première intention pour la chute post-partum classique. La repousse est spontanée dans la majorité des cas. Il est réservé aux situations où la chute se prolonge anormalement.

Si tu allaites, discute avec ton médecin avant toute utilisation. Le minoxidil est généralement déconseillé pendant l’allaitement.

Retiens ceci : la grande majorité des mamans n’aura jamais besoin de minoxidil. La patience est souvent la meilleure alliée.

Quand faut-il consulter un médecin ?

La chute de cheveux post-partum est normale. Mais dans certains cas, une consultation s’impose.

Consulte si la chute persiste au-delà de 6 mois sans signe de ralentissement. Au-delà de ce délai, une évaluation médicale est recommandée (StatPearls/NIH, 2024).

Consulte si tu remarques des zones dégarnis localisées. L’effluvium télogène provoque une chute diffuse, répartie sur tout le cuir chevelu. Si tu observes des plaques, cela peut être le signe d’une autre pathologie (alopécie areata, par exemple).

Consulte si tu as des symptômes associés. Fatigue extrême, prise ou perte de poids inexpliquée, frilosité, changements d’humeur importants : ces signes peuvent indiquer un problème thyroïdien.

Le bilan sanguin recommandé comprend au minimum la ferritine et la TSH (RecoMedicales/CEDEF, 2023). Ton médecin pourra y ajouter la vitamine D, les vitamines B9 et B12 selon le contexte.

N’hésite pas à en parler lors de ta visite post-natale. C’est le moment idéal pour aborder le sujet.

Comment vivre sereinement cette période ?

Je sais que “c’est normal, ça va repousser” ne suffit pas toujours à calmer l’angoisse. La chute de cheveux touche à l’image de soi, à un moment où tu te sens déjà fragile. Voici quelques pistes pour mieux traverser cette étape.

Accepte que c’est temporaire. Plus de la moitié des mamans vivent la même chose. Ce n’est ni de ta faute, ni le signe d’un problème grave.

Coupe tes cheveux plus courts. Un carré ou un carré mi-long donne un effet de volume et limite l’impression visuelle de perte. Beaucoup de mamans adoptent une coupe post-partum et s’y sentent bien.

Parle de ce que tu ressens. À ton partenaire, à tes amies, à ta sage-femme. La charge émotionnelle du post-partum est réelle. Tu n’as pas à tout porter seule.

Si tu te sens submergée par l’anxiété ou la tristesse au-delà de la chute de cheveux, lis notre article sur baby blues vs dépression post-partum. C’est important de différencier les deux.

Le post-partum est une période de transition à tous les niveaux. Ton corps a créé la vie. Laisse-lui le temps de se retrouver.

L’allaitement influence-t-il la chute de cheveux ?

Oui, l’allaitement peut modifier le calendrier de la chute. Le VIDAL note que la chute peut être retardée chez les femmes qui allaitent (VIDAL, 2024). Les hormones de lactation (prolactine) maintiennent un certain équilibre qui repousse le début de l’effluvium télogène.

Concrètement, si tu allaites pendant 6 mois, la chute peut ne débuter qu’au moment du sevrage. C’est parfois déconcertant parce que tu penses avoir échappé à la chute, et elle arrive finalement plus tard.

Cela ne veut pas dire que l’allaitement “empire” la chute. Le volume total de cheveux perdus est globalement le même. Seul le timing change.

Si tu te poses des questions sur l’allaitement en général, je t’invite à consulter notre guide allaitement ou biberon.

FAQ – Questions fréquentes sur la chute de cheveux post-partum

La chute de cheveux post-partum est-elle définitive ?

Non. Dans la grande majorité des cas, la chute est totalement réversible. La repousse se fait spontanément en 6 à 12 mois sans aucun traitement (AAD, 2024). Si la chute persiste au-delà de 6 mois, un bilan sanguin permet d’identifier une cause traitable (carence en fer, problème thyroïdien).

Peut-on prévenir la chute de cheveux post-partum ?

Il n’existe pas de moyen prouvé de l’empêcher, car elle est liée à la chute hormonale naturelle après l’accouchement. En revanche, tu peux limiter les facteurs aggravants en corrigeant les carences en fer et en vitamines, en mangeant équilibré et en évitant les traumatismes mécaniques sur tes cheveux.

Faut-il prendre des compléments pour les cheveux ?

Pas forcément. Les compléments capillaires n’ont pas d’effet démontré sur l’effluvium télogène du post-partum si tu n’as pas de carence. Le VIDAL recommande une supplémentation en fer uniquement si une carence est confirmée par prise de sang (VIDAL, 2024). Parles-en à ton médecin avant de prendre quoi que ce soit.

La chute de cheveux est-elle plus forte après une césarienne ?

La césarienne en elle-même ne provoque pas une chute plus importante. L’effluvium télogène est lié aux variations hormonales, qui sont les mêmes quel que soit le mode d’accouchement. En revanche, une césarienne peut s’accompagner d’une perte de sang plus importante, ce qui augmente le risque de carence en fer, un facteur aggravant de la chute. Consulte notre article sur la césarienne pour en savoir plus sur la récupération.

À quel moment la repousse commence-t-elle ?

Les premiers signes de repousse apparaissent généralement entre le 4e et le 6e mois post-partum. Tu repères la repousse par de petites mèches courtes qui se dressent sur le dessus du crâne. Ce sont les fameux “baby hairs” du post-partum. La densité revient progressivement à la normale avant le premier anniversaire de bébé (AAD, 2024).

Les tourniquets capillaires représentent-ils un danger pour mon bébé ?

Oui, c’est un point important que l’AAD soulève (AAD, 2024). Tes cheveux qui tombent peuvent s’enrouler autour des doigts, des orteils ou du poignet de ton bébé. Cela peut couper la circulation sanguine. Vérifie régulièrement les extrémités de ton bébé et retire tout cheveu enroulé.

Ce qu’il faut retenir

La chute de cheveux post-partum est un phénomène hormonal naturel qui touche plus de la moitié des mamans. Elle est impressionnante, parfois angoissante, mais presque toujours temporaire. Ton corps se réajuste après neuf mois de grossesse, et tes cheveux suivent ce mouvement.

Tes 6 repères :

Si tu veux aller plus loin, lis notre guide sur le retour de couches.

Consulte notre article sur la rééducation périnéale après accouchement.

Pour la suite, consulte notre guide sur reprendre le sport après l’accouchement.

Par Emma Hally, fondatrice de Secrets de Maman.
Cet article est basé sur les recommandations du VIDAL, du CEDEF et de l’Ameli.fr. Il ne se substitue pas à un avis médical. Consulte ton médecin ou ton dermatologue pour un accompagnement personnalisé.

Sources :

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